Enfin ! Je commençais à désespérer de vous parler un jour de ce roman que j'ai envie de lire depuis des mois ... et que j'ai lu il y a des semaines ! Un gros coup de coeur, mais je m'y attendais !

20 couleur des sentiments

Au début des années 60, dans la capitale du Mississipi, l'un des Etats les plus ségrégationnistes des Etats-Unis, la place des uns et des autres est clairement défini : les femmes blanches ne travaillent pas et passent leur temps à se recevoir les unes les autres ou à préparer les festivités saisonnières de leur club, les hommes blancs dirigent des entreprises ou se lancent en politique, les hommes noirs triment au bas de l'échelle et dans les entrepôts et les femmes noires font le ménage, la cuisine chez les Blancs et élèvent leurs enfants. Dans cette société où les frontières sont aussi étanches qu'opaques, difficile pour une femme noire et une femme blanche de se lier d'amitié. C'est pourtant ce qui va se passer entre Aibileen, bonne chez Miss Leefolt, et Miss Skeeter, revenue dans sa ville natale après des études à la fac, et qui cherche à trouver des renseignements sur ce qu'est devenue Constantine, la bonne qui l'a élevée et qui a disparu sans laisser de trace quelques semaines avant son retour.

Je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous révéler trop de choses sur l'intrigue ou sur la multitude de personnages qui peuplent ce roman et le rendent terriblement difficile à lâcher. Pour ma part, j'avoue que c'est le personnage d'Aibileen, la première narratrice à prendre la parole dans ce livre où les chapitres croisent les voix et les récits de Skeeter, Aibileen et Minny, qui a laissé le plus de traces dans mon coeur. Et qui a rendu la fin de ce livre vraiment dure à avaler.

Ce qui m'a le plus frappé à la lecture, en dehors des histoires individuelles des personnages, c'est qu'il m'a fait réaliser que la ségrégation aux Etats-Unis n'est pas une vieille histoire, qu'à l'époque où les étudiants de la Sorbonne taguaient les murs de Paris, les Noirs n'avaient pas de le droit d'uriner dans les mêmes toilettes que les Blancs ! Je sais bien qu'en France non plus tout n'était pas rose sur le front du racisme, de la colonisation etc, mais franchement, je crois que je n'avais jamais vraiment compris que Martin Luther King était mort après JFK ...

Je pense que c'est mon gros coup de coeur de cette demi-année 2015, si vous ne l'avez pas encore lu, je vous le recommande absolument !

Il paraît que le film qui en a été tiré est plutôt réussi, pour une adaptation, mais je vais laisser passer un peu de temps avant de le visionner, pour ne pas gâcher mes souvenirs de lecture.

PAL 2015 20 sur 41