Bonjour à tous !

Je suis très en retard pour vous faire part de mes dernières lectures, j'ai quatre ou cinq livres lus qui me regardent d'un air accusateur en attendant que je parle d'eux sur mon blog ...

Alors dans l'ordre, aujourd'hui je vous parle d'un manga en deux tomes qui m'a été offert par Titefée pour mon dernier anniversaire :

Daisy, Lycéennes à Fukushima, de Reiko Momochi, éd. Akata.

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Fumi ne va plus au lycée depuis plus d'un mois. Elle ne sort plus de chez elle qu'en cas d'extrême nécessité, et jamais sans se couvrir le plus possible.

Nous sommes en avril 2011. A Fukushima.

Cela fait un mois et demi que le tsunami a frappé, et que la centrale, distante de la ville d'environ 60 km, a explosé.

Depuis, des habitants ont fui la ville, certains sont revenus, des réfugiés se sont installés et on ne voit plus aucun enfant jouer dehors.

Et une simple pluie est devenue une menace terrible.

Mais Fumi est en dernière année de lycée, et puisqu'elle a refusé de quitter le département avec sa mère et son frère, par crainte d'être séparée de son père, déterminé à rester à Fukushima, elle doit retourner en cours. Revoir ses amies, préparer les concours pour l'université. Reprendre une vie normale, en somme. Mais est-ce possible ? Ce qui s'est passé pendant ces terribles semaines est-il réversible ?

Quand j'ai commencé à lire ce manga, j'ai trouvé les premières pages un peu "nunuches", avec une histoire de lycéennes qui forment un groupe de musique ... et puis au bout de quelques pages, j'ai été happée par l'histoire, ou plutôt, par les histoires superposées de ces habitants de Fukushima et de ses environs, par leurs préoccupations, leurs peurs et leurs espoirs. Au-delà de l'histoire d'une jeune fille et de ses amies, c'est celle d'une conscience, la nôtre, face au danger du nucléaire ...

Et pourtant, moi qui vous dit ça maintenant, j'ai longtemps trouvé que les centrales nucléaires étaient un moyen plutôt "propre" de produire de l'électricité. Mais je ne le pense plus maintenant.

Parce que Tchernobyl, on se disait que c'était dans un pays pauvre, dans des installations en mauvais état, délaissées ...

Mais Fukushima ? Le Japon, ce pays à la pointe de la technique et de la technologie ? C'est un pays que je juge volontiers plus avancé que la France dans bien des domaines ... donc l'accident qui est survenu là-bas pourrat survenir n'importe où, dans n'importe quelle centrale ? Et nous serions tout aussi impuissants et subissants que ces pauvres gens de la région de Fukushima ...

Un manga qui je recommande vraiment à tous et à toutes, pour sa manière de nous ouvrir les yeux et de nous obliger à regarder à face ce que nous préfèrerions occulter. Et qui est basé sur un roman, Pierrot, de Teruhiro Kobayashi, Darai Kusanagi et Tomoji Nobuta, et sur des témoignages réels recueillis par la mangaka, Reik Momochi, qui est allée à la rencontre de la population de Fukushima.

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