Une journée à l'hôpital, bien sûr, cela signifie quelques bonnes heures de lecture ... en l'occurrence, un livre qui traînait sur ma pile depuis un bon moment :

Ce que je sais de Vera Candida, de Véronique Ovaldé, éd. Piment/France Loisirs (avec l'autorisation des Editions de l'Olivier), Prix Goncourt des Lycéens 2009.

cequejesais

Vera Candida est la fille de Violette, qui est elle-même la fille de Rose Bustamente ... et Vera Candida est la mère de Monika Rose ...

Des mères, des filles, des filles-mères ... un lien qui se tisse, et qui trappe dans sa nasse ces femmes, ces filles, ces mères ...

Sur un île (imaginaire ?) perdue au large d'un continent latino-américain, quel destin attend Vera Candida, fille et petite-fille de prostituées, de femmes perdues, de femmes qui n'osent pas se chercher ? Qui est son père ? Est-ce important ? Vera Candida sera-t-elle condamnée à subir le même sort que sa mère et sa grand-mère, ou aura-t-elle le courage et la force de secouer les fils du destin, de les trancher, pour pouvoir commencer une nouvelle tapisserie plus riche, plus colorée, et surtout, une tapisserie dont les motifs masculins ne seront pas tout à fait exclus ?

J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman et je comprends bien ce que le jury lycéen du Goncourt lui a trouvé, tant on s'attache à ces personnages, et notamment à celui de la jeune Vera Candida, qui a décidé de ne pas se laisser bercer par la fatalité, l'hérédité ou la passivité désespérée qui ronge les habitants de Vatapuna. L'écriture est très belle également, parfois poétiquement sensuelle et parfois ironiquement télégraphique, mais toujours très adaptée à ce qu'elle donne à lire.