Enfin, il ne s'agit pas de son dernier, mais du dernier que j'ai lu (puisque si vous vous souvenez, j'avais commencé par son dernier, Never Let Me Go, en français Auprès de moi toujours) : The Remains of the Day (en français Les Vestiges du Jour), Kazuo Ishiguro, éd. Faber and Faber.

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Stevens est maître d'hôtel dans une belle demeure anglaise devenue depuis peu la propriété d'un Américain. Ce changement de propriétaire s'est aussi traduit par un changement de train de vie, et le faste et les réceptions d'avant-guerre ne sont plus d'actualité. Sur les conseils de son nouvel employeur, Stevens prend ses premières vacances depuis des décennies, et décide de parcourir quelques régions anglaises en automobile, et d'en profiter pour rendre visite à une ancienne collègue de travail, gouvernante de son état, dans l'espoir de la convaincre de revenir travailler à Darlington Hall.
Tandis que les kilomètres défilent et que Stevens découvre avec bonheur la beauté des paysages, le lecteur plonge dans son passé, découvrant à la fois la psychologie particulière d'un homme obsédé par son devoir et l'histoire récente de Darlington Hall et de son propriétaire, qui avant la guerre a oeuvré en toute bonne foi pour un rapprochement entre l'Allemagne et l'Angleterre, sans se douter que ses efforts seraient perçus comme autant de trahisons après la guerre.

Comme toujours chez Kazuo Ishiguro, ce qui prime c'est la psychologie du personnage principal, sa manière personnelle d'aborder et d'appréhender la réalité, en fonction de son éducation, et même de son conditionnement ultérieur. J'ai beaucoup apprécié ce roman malgré l'exaspération que ne peut manquer de provoquer l'aveuglement de Stevens pour les événements et les êtres qui l'entourent. Et j'ai bien envie de voir le film réalisé par James Ivory avec Emma Thompson (entre autres).