Dans l'ordre, pendant le voyage, j'ai lu Le Corps de Liane de Cypora Petitjean-Cerf, l'auteur du Musée de la Sirène dont je vous ai parlé il y a quelques semaines.

corpsliane

Liane est une petite fille qui se pose des questions, et en pose à son entourage. En permanence. Et qui note les réponses. Son entourage, c'est sa mère, célibataire, sa grand-mère, célibataire, la nouvelle femme de ménage, célibataire, et sa fille, et sa meilleure amie. Un entourage exclusivement féminin. Comme si les hommes ne tenaient pas le coup à proximité de ces femmes étranges.
Liane grandit, et pour tromper la peur qui lui tord parfois le ventre, elle remplit des cahiers, méthodiquement. Peu à peu, le voile se lève sur les secrets bien gardés de toutes ces femmes, et petit à petit, les noeuds se défont et leur permettent de vivre à nouveau, uniques en leur genre mais à tout jamais liées aux autres.

J'ai beaucoup aimé lire ce roman décomposé en mille petits paragraphes, et où l'on croise de multiples personnages étranges à qui l'on s'attache sans s'en rendre compte. Un roman sur la mémoire et le deuil nécessaire de la vie, de nos illusions, et de nos peurs.

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Le second est un livre de Yoko Ogawa (depuis que j'ai lu La Marche de Mina, je mourrais d'envie d'en lire un autre) : La Formule préférée du professeur.

formule

Lorsqu'elle arrive dans la maison où elle va exercer en tant qu'aide-ménagère, la narratrice est informée que la personne qui y vit est un vieux professeur de mathématiques à qui un accident de voiture a coûté la mémoire il y a plus de 20 ans. Depuis, cet homme a en tout et pour tout une autonomie mémorielle de 80 minutes. Tous les matins, la jeune femme doit donc se présenter de nouveau et répondre aux drôles de questions du professeur. De bon grâce, elle se plie au jeu et lui donne chaque matin les chiffres qui marquent sa vie, comme sa date de naissance, son âge, sa pointure ou son numéro de téléphone. Et chaque matin, elle écoute fascinée le vieux professeur relier ces chiffres en apparence anodins entre eux, la faisant entrer dans un univers magique de chiffres et de formules. Au fil du temps, et malgré sa mémoire défaillante, se tisse entre eux et avec le fils de la narratrice une belle relation de complicité et de respect autour de la magie des mathématiques, du base-ball et de l'enfance.

Un gros coup de coeur pour ce roman magnifique, très fort malgré l'apparent manque d'événements. Décidément, j'aime de plus en plus cette auteure.

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Et pour finir, j'ai enfin reçu et dévoré le dernier volet du Royaume de Tobin, dont le titre anglais est : The Oracle's Queen (c'est le titre du dernier volume, pas celui de la série complète).

oraclequeen

Bon, soyons francs, cette couverture n'est pas très engageante. Mais j'ai suivi avec avidité la fin des aventures de Tobin, de ses compagnons, d'Arkoniel et de son Oreska, et de tous les personnages que nous avons vu évoluer depuis le début.
Au niveau de l'écriture, comme j'avais critiqué la traduction française, j'ai pu comparé avec la VO, et je confirme mon jugement précédent, je pense que la traduction a été assez mal faite (surtout le vocabulaire et le choix de niveau de langue). Par contre, même si cette lecture a été très distrayante, je reconnais que cette série ne se hisse pas au niveau d'un Assassin Royal. L'auteure a encore quelques progrès à faire au niveau de la maîtrise de l'intrigue et des personnages, et parfois son souci de "récompenser" tous les bons personnages à la fin semble un peu puéril, mais je ne veux pas être trop sévère, car j'ai vraiment passé de très bons moments en compagnie de Tobin, et il m'était très difficile de lâcher mon livre pour faire autre chose ...